04 avril 2006
Concours de poésie sur le thème "Art et Paix"
Comme nous vous en avions informés dans notre dossier spécial sur la fête de la Francophonie dans les lycées francophones d'Istanbul, le 21 mars dernier s'est tenu au lycée Sainte Pulchérie un concours de Poésie autour de "l'Art et la Paix" auquel ont participé des lycées publics turcs et des lycées bilingues francophones. Le lycée de Galatasaray nous a gentiment autorisés à publier les meilleurs poèmes qui l'ont représenté lors de ce concours. Bonne lecture!
L'art prosaïque, de Baturalp Aslan
Croire,
Faire croire,
Voir,
Voire...
Faire voir,
Ou bien laisser être vu
Tout ce qui est dans notre coeur,
Et le cerveau, son pauvre pâle reflet dans le
miroir...
De ne faire que ce que l’on s’approprie,
Ou auquel on croit,
Ne nous rend qu’un mur ou un toit.
Ce n’est pas parce que je les dédaigne ;
Mais, eux...
exécutants d’un ersatz de devoir.
Au contraire la diffusion
des émotions,
Est l’existence de l’arc-en-ciel
Avant qu’il soit sur le point de pleuvoir :
Sept couleurs, dans un seul, l’unique
Ni décidé, ni prévu mais complètement prosaïque.
Il existe.
Il ne fait que de l’existence.
L’existence, c’est de l’Art.
Lumière courante,
Coulant dans nos mains ou parfois
Sur nos lèvres
s’ouvrant et se fermant ;
Chaque fois,
Avec chaque claquement,
de la langue rose
mouillée,
Sur le palais,
Chantant à haute voix.
L’Art est, pur Art,
Qui n’est pas, évidemment, indigne,
Ni sublime.
C’est de l’Art, ce n’est que de l’Art, pur Art,
Etant loin de savoir, ni croire ou défendre;
Sans masque, sans rôle, justement naturel,
C’est un rire, un cri, une courbe, un pli,
Tantôt soleil, tantôt pluie...
Cela ne le regarde pas
Le pouvoir ;
L'Art, ce n'est que d'être.
L'éveil, de Said Ertekin
Dans l'univers toutes les choses vont de pair. Et tous les êtres sont deux.
D’ailleurs pour mieux se comprendre, il faut
connaître aussi son contraire.
L’EVEIL
La voix de la bombe dehors
Et les pleurs des enfants
Et les cris d’une maman
Qui voit la mort de son enfant
Les soldats qui se battent au front pour leur pays
Et ceux qui oublient leur famille
Et les bâtiments qui se détruisent
Sur les êtres et sur leurs souvenirs
La guerre finit, une mélancolie partout,
La noirceur a toutes les faces
Des gémissements,qui se lèvent des ruines
Comme des cris fatigués, aux silences des morts
Les blessures ont été bandées
La lumière a tout blanchi
Envahissement du bonheur… partout
C’est l’effet unique de la paix aimée
L’oubli de la guerre… partout
Et changement … partout
C’est l’amour et la paix qui tournent
Et partout l’allégresse qui coule de nous
En avançant dans la vie avec la paix
Nous progressons vers la sérénité
Vers les lendemains qui nous attendent
Sans peur et sans penser
Vers la fin de la vie
On attend peu de choses
On a tous trouvé la plénitude
Comme la récompense de ce qu’on a fait :
LA PAIX
Ce soir, de Gülce Karsu
Je ne vous dirai pas
Ne faites pas la
guerre
Mais il faut que je
vous dise
Qu’est-ce qu’il y aura
ce soir...
Ce soir, les pères ne
quitteront pas les enfants
Les mères ne pleureront
plus
les amoureux ne seront
pas loin.
Ce soir, il ne pleuvra
pas des balles
Vos fronts vont rester
vide
Ce soir, une blanche
va aimer un noir – symphonie
Votre guerre n’aura
pas lieu ce soir...
Ni demain, ni
après-demain.....
J’attendrai....
Ce soir...
Paix - Pax - Pace - Peace, de Cemil Dibek
La paix est un rêve que l’enfant fait.
La paix est un rêve que la mère fait.
Cependant, la paix était une mélodie entendue dans
le coeur,
Elle faisait écho dans le pouls de la vie,
C’était un tango accompagné par un accordéon
Volé du livre que l’enfant avait lu.
Cueille, Enfant, ce qui reste d’utopies
Des âges renversés ; réecrivez-les !
Et tenez la mère par la main,
Transformez le rêve en réalité !
Les amants ne meurent pas sans leurs aimées,
Moi, je ne mourirai pas sans voir la Paix.
La vie en rose, de Nezh Zeynep Aleş
La paix dans la cage, de Mermetcan Kutley
Depuis mon enfance, Paix
on a beaucoup parlé de
toi
On a beaucoup réfléchi...
Surtout les ministres, le
pouvoir.
Pour comprendre pourquoi
étaient morts les enfants en Afrique
Pour comprendre pourquoi
le Moyen Orient était ensanglanté.
Mais, même nous, nous
n’avons pas compris
Le sens de la guerre,
car nous n’avons jamais
connu la paix
Guerre et paix se
justifient car ils sont opposés
Même nous, nous
cherchons, mais nous ne trouvons pas
Je ne peux pas dire : “Je
ne suis pas coupable !”
Je ne peux pas dire : “Je
ne t’ai pas engagée !”
Cela suffit, mon amour
Cela suffit sans toi
Pour ceux qui vivent sans
toi avec tant de peine,
Tant de cris et avec tout
ce sang
Pour ceux qui souffrent
de pleurer sans toi
Sors de ta cage !
Sors de ta cage !
